Allocution de Yves Leterme, Premier Ministre de Belgique au Parlement européen
07/07/2010
Seul la parole donnée fait foi
Mesdames et Messieurs les Députés,
Trois équipes européennes en demi-finales, une finale exclusivement européenne… Qui l’eût cru au début de cette coupe du monde de football ? De l’autre bout du monde, des footballeurs européens donnent à leur continent une belle leçon de confiance en soi, et de rage de vaincre.Vue de l’extérieur, l’Europe a en effet tout pour être heureuse. Le succès de l’Union Européenne a contribué à étendre à presque tout notre continent la paix et un système de gouvernement démocratique. L’Union Européenne a créé une prospérité sans précédent par son marché commun. Mais cette Europe ne parvient pas, ou trop peu, à être heureuse. Vous aussi sans doute, vous avez pu constater combien en Asie l’énergie, l’ambition, la confiance en soi et en demain sont presque tangibles. Et l’Amérique croit toujours en elle-même, malgré ses problèmes. Enfin, la tenue de la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud est un signal fort pour et par l’Afrique, une injection d’adrénaline.L’Europe par contre semble trop souvent avoir perdu sa foi dans l’avenir. Il faut redonner confiance à l’Europe, renouer avec l’ambition pour l’Union Européenne. Notre action, Mesdames, Messieurs, veut s’inscrire dans cette ambition, une ambition que certainement vous partagez.Remettre l’Europe en marche, c’est d’autant plus nécessaire que le reste du monde ne nous attend pas. Panta rei – tout est mouvement. S’il y a une constante dans notre monde, c’est le changement permanent et ultrarapide – changement technologique, changement économique, changement dans les rapports de force de par le monde.Dans ce monde changeant, où de nouveaux pôles de pouvoir économique et politique émergent, l’Europe est confrontée à de grands défis. C’est autour de ces défis que nous avons structuré les cinq lignes d’action de notre présidence.
Le premier défi pour l’Europe, c’est de renouer avec la croissance économique durable. Ce retour passe par le renforcement de la stabilité financière.Il faut restaurer notre stabilité financière et économique, rétablir la discipline budgétaire sans obstruer la reprise économique, et retrouver le chemin d’une croissance annuelle d’au moins 2%. Nous avons besoin de cette croissance pour financer notre modèle social, ce modèle européen spécifique auquel nous restons attachés. Nous avons aussi besoin de croissance pour notre crédibilité dans le monde. Une crise bancaire dont nous n’étions pas responsables nous a entraînés dans une dure récession, dont nous peinons plus que d’autres continents à sortir. La Commission Européenne a proposé de nombreuses initiatives pour nous armer contre l’aventurisme financier qui a eu de si lourdes conséquences, tant pour nos Etats membres que pour nos citoyens.
Nous partageons l’ambition de faire aboutir le plus rapidement possiblela nouvelle structure de surveillance des institutions financières, et celle des fonds d’investissements alternatifs dont les « hedge funds ». Cette semaine encore, le Parlement, la Commission et le Conseil en ont longtemps débattu. Vous allez adopter aujourd’hui vos amendements relatifs à la supervision, mais vous donnez également l’occasion de poursuivre le dialogue, ce que nous apprécions. Mettons-nous maintenant ensemble pour adopter un texte que nous attendons depuis si longtemps.Si la présidence belge était absente de vos débats d’hier, c’était à cause de la prestation de serment du parlement nouvellement élu.La Commission a, en outre, annoncé récemment un paquet global de 20 autres propositions dans le domaine des services financiers.La Présidence belge tentera, en étroite concertation avec le Parlement, de fixer une feuille de route pour garantir leur concrétisation d’ici fin 2011. D’autre part, au mois d’octobre, la Task Force sera prête avec ses recommandations au sujet du renforcement de la discipline budgétaire, du Pacte de Stabilité et de Croissance, et de la gouvernance économique. La crise récente de l’euro l’a bien démontré : une union monétaire sans véritable coordination économique reste bancale. L’Union a besoin plus que jamais de gouvernance économique. La Task force fera donc des recommandations pour un monitoring plus strict. Cette surveillance ne concernera pas seulement les politiques budgétaires de nos Etats membres, mais aussi les paramètres économiques qui permettent de juger de la crédibilité des budgets présentés. La Commission prendra ensuite toutes les initiatives nécessaires afin de mettre en œuvre ces recommandations. Le Conseil et le Parlement s’y attaqueront sans tarder. C’est une priorité pour la Présidence belge, et nous apporterons tout notre appui pour que ces recommandations soient concrétisées le plus rapidement possible.Je l’ai dit, notre premier défi est de retrouver le chemin de la croissance. Dans l’ère de la mondialisation, nous devons faire plus pour que l’Europe redevienne une économie compétitive et innovante, et devienne une économie à faible intensité de carbone. La route qui y mène est la stratégie EU2020 pour l’innovation et l’emploi. La présidence belge s’appuiera sur les initiatives phares que la Commission a annoncées.Mais, la croissance durable n’est pas seulement une affaire de paramètres et de chiffres économiques. Elle est surtout affaire de personnes humaines, elle se juge par ce qu’elle apporte au plus grand nombre. Comme on peut le constater dans nombre de pays, il n’y a pas de croissance durable sans cohésion sociale, le deuxième grand défi européen et la deuxième priorité de notre présidence.C’est pour cette raison que la Belgique a insisté, et a obtenu que, dans le programme EU2020, l’objectif de la lutte contre la pauvreté soit élargi à la notion plus large de cohésion sociale.
Tant pour cette raison que pour la croissance économique, nous devons remettre l’Europe au travail, nous devons augmenter le taux d’emploi.
Mesdames et Messieurs les Députés,J’aimerais m’arrêter un instant à un thème qui me tient à cœur, celui de notre base industrielle. Il me semble que l’Europe manque de projets industriels communs, de projets emblématiques et inspirants, comme l’étaient et le sont par exemple Ariane, les trains à grande vitesse ou Airbus. Il ne s’agit pas là de symboles et de prestige, mais de notre prospérité et de création d’emplois. J’ai été frappé ces derniers temps par des analyses économiques qui démontraient que les pays à forte base industrielle ont mieux résisté à la crise que les économies les plus axées sur les services.Notre tissu industriel doit se rénover. Il n’y a pas nécessairement des secteurs dits traditionnels de manufacture qui seraient condamnés soit à se délocaliser aux pays à bas salaires soit à disparaître. Mais il y a des modes de production qui le sont.Par l’innovation, par la production haut de gamme, à forte valeur ajoutée, déjà aujourd’hui des pays européens parviennent à sauvegarder une industrie performante, bénéficiaire, avec des salariés qui sont parmi les mieux payés au monde.
Mesdames et Messieurs,Nous avons gagné la révolution des télécoms. Nous avons moins bien réussi dans l’informatique. Nous ne devons certainement pas rater la révolution verte, non seulement la recherche mais aussi et surtout la production de la technologie verte. L’Europe a d’excellents chercheurs. Mais les Etats Unis et la Chine nous prennent de vitesse quand il s’agit de transformer les résultats de la recherche en production industrielle.L’initiative phare annoncée par la Commission dans le domaine industriel sera donc tout particulièrement attendue. De la même façon, nous attachons la plus grande importance au Conseil du mois de décembre qui sera consacré à l’innovation.Sous le chapitre de la croissance et de l’innovation, il est d’ailleurs un dossier concret que nous souhaitons débloquer sous notre présidence. C’est celui du brevet européen que nous attendons depuis déjà trente ans. Nous devons penser à nos entreprises, en particulier aux PME. Que d’argent et d’énergie gaspillés par nos entreprises par l’absence d’une procédure unique au niveau des 27. Nos opérateurs subissent un véritable handicap face à la concurrence internationale. En débloquant un tel dossier, le Conseil et le Parlement Européen ont là une chance formidable de démontrer leur importance vis-à-vis des citoyens.
La protection de l’environnement et du climat constitue un troisième défi pour l’Europe et, partant, la troisième priorité de notre présidence.Toute croissance durable est impossible sans la protection de notre planète – une planète qui ne nous appartient pas mais que nous empruntons à nos enfants.L’Union européenne est le leader mondial s’agissant des mesures en faveur de la protection de l’environnement et la lutte contre les gaz à effet de serre, ainsi que pour les objectifs qu’elle se fixe en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais ce rôle de pionnier ne suffit pas ; c’est la douloureuse leçon que nous tirons du sommet des NU sur le climat qui s’est déroulé à Copenhague en décembre de l’année dernière. L’Union européenne n’a pas parlé d’une seule voix et est restée sur la touche – pour employer le vocabulaire footballistique – pendant ce temps, ce sont les autres qui ont pris les décisions. C’est pourquoi l’Union doit étudier de manière bien plus active quels sont les leviers dont elle dispose pour convaincre d’autres acteurs – et pollueurs - importants de soutenir un plan ambitieux en faveur de la protection de notre planète. Ce n’est que de la sorte que les conférences de Cancun et de Nagoya pourront aboutir à des résultats concrets.J’ai déjà dit que l’Europe ressemblait à ces gens dont on dit qu’ils ont tout pour être heureux. De l’extérieur, l’Union a de nombreux attraits : sa prospérité, ses systèmes de solidarité, ses formes de gestion humaines. Elle attire dès lors une multitude de gens issus de tous les continents, des gens qui veulent construire une vie meilleure en Europe. L’écrasante majorité d’entre eux arrive avec de bonnes intentions, à la recherche de cet idéal qu’une conférence sur l’Afghanistan a joliment désigné par « le modeste miracle d’une vie normale ». Ce type d’immigration est synonyme d’enrichissement pour notre continent.Par contre, d’autres abusent de nos systèmes de liberté. Les réseaux du crime international organisé profitent de notre ouverture. Les organisations terroristes la détournent et se rendent coupables d’attaques sanglantes.
Mesdames et Messieurs,
C’est la raison pour laquelle la sécurité de nos citoyens ainsi que la garantie de cette sécurité et de la liberté constituent le quatrième grand défi que l’Europe se doit de relever.En effet, plus que jamais, l’Union devra former un espace de justice, de sécurité et de liberté. C’est pour cette raison que nous voulons amorcer la transposition du programme de Stockholm, élaboré sous la présidence suédoise. La Belgique attache une attention particulière à la mise en place d’une politique commune de migration, de droit d’asile et de lutte contre le terrorisme.
S’agissant de la collaboration pénale, notre priorité ira à la reconnaissance des jugements des tribunaux des États membres. C’est dans ce contexte que la constitution d’un système européen de collecte des preuves méritera une attention toute particulière.Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international, la Belgique œuvrera à parvenir rapidement à un accord avec les Etats-Unis concernant le dossier Swift. Cet accord devra combiner le respect de la protection des données des citoyens et la prévention efficace du terrorisme. Et je me réjouis que, apparemment, il nous sera possible de nous mettre d’accord ici demain.La présidence belge poursuivra son action en se fondant sur le travail très apprécié de la présidence espagnole.
Mesdames et Messieurs, Chers membres du Parlement européen
Ceci me ramène au dernier défi, et non des moindres, le cinquième que l’Union devra relever, à savoir le rôle qu’elle jouera sur la scène internationale. Les défis y sont de taille : il s’agira en effet de lutter contre le changement climatique, d’aider à préserver ou à restaurer la paix, de promouvoir l’expansion d’un gouvernement ouvert, de combattre le terrorisme international, de prévenir la prolifération d’armes de destruction massive, de mettre un terme aux violations flagrantes des droits de l’homme en zone de conflit, notamment pour ce qui est de la violence à l’égard des femmes, de mettre en place une politique énergétique à la fois cohérente et commune, de préserver et d’améliorer notre part de marché.Comme je viens de la mentionner, le Sommet de Copenhague a douloureusement mis le doigt sur le fait qu’être le bloc commercial le plus grand, qu’être riche et attrayant, un modèle autoproclamé, doté d’un « soft power », ne procure pas suffisamment de force de négociation sur la scène internationale. L’Union devra se ménager davantage de leviers pour inviter les autres partenaires autour de la table et créer des coalitions en vue de la réalisation de ses objectif de paix, de développement durable, de sécurité et de libre-échange équitable.Cela induit plus que jamais que l’Union devra s’exprimer d’une seule voix, et, de préférence, par le biais d’une seule personne. A cette fin, le Traité de Lisbonne offre à l’Union de nouveaux moyens. Dans les six mois à venir, l’Union lancera le service diplomatique européen. Il s’agit-là de l’un des changements majeurs qui seront opérés durant notre présidence.Nous devrons décider de l’organisation et du fonctionnement du Service d’action extérieure ; conjointement avec le Parlement européen, nous devrons adopter des mesures de régulation relatives à son personnel et aux finances. La Belgique mettra tout en œuvre pour que ce Service d’action extérieure qui renforcera la visibilité et la crédibilité de l’Union, puisse être lancé de manière fluide et fructueuse
L’élargissement constitue un autre élément clé. Les négociations avec les pays candidats à l’adhésion devront se poursuivre avec dynamisme, et tous les candidats ne devront être évalués que sur la base de leurs mérites personnels, conformément au consensus à nouveau dégagé au sein du Conseil européen de décembre 2006. Les négociations menées avec la Croatie pourraient entrer dans leur phase finale sous notre présidence. S’agissant de la Turquie, les négociations poursuivront leur cours. Pour ce qui est de l’Islande, des négociations seront entamées. Et, enfin, en ce qui concerne l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine, la présidence tentera de parvenir à un accord pour lancer les négociations d’adhésion. Notre présidence belge sera la première à se dérouler intégralement en vertu du traité de Lisbonne. La Belgique s’estime engagée moralement à exercer cette présidence dans le respect le plus strict de l’esprit et de la lettre dudit Traité, afin de créer les précédents qui s’imposent.
Mesdames et Messieurs,Vous n’êtes pas sans savoir que des élections ont eu lieu dans mon pays, que les négociations en vue de former une nouvelle coalition prendront un certain temps et que le gouvernement que je représente est en affaires courantes.Soyez assurés que cela n’entamera nullement la vigueur et l’enthousiasme de notre présidence. Cette douzième présidence fait l’objet d’un large consensus dans mon pays et jouit d’une longue tradition européenne.Notre monde politique, tant au niveau fédéral que régional, nos corps diplomatiques et notre service public comptent un grand nombre d’hommes et de femmes qui possèdent une connaissance approfondie de l’Union européenne.La préparation de la présidence a été très minutieuse et s’est faite en étroite collaboration avec les autres Etats membres du trio et avec les institutions européennes. En outre, les convictions européennes de la population sont un soutien pour le gouvernement. Les sept partis politiques à la tête des gouvernements fédéral et régionaux sont représentatifs de 90 pour cent de la population. La Belgique est l’un des pays où la conception européenne, le projet d’intégration européenne bénéficient toujours d’un large soutien populaire.Et dernier point, et non des moindres, nous avons pris un soin délibéré à inscrire notre présidence dans le cadre de l’agenda européen de manière à fixer des objectifs réalistes et à les promouvoir de manière efficace.Dès lors, je n’ai aucun doute quant à notre capacité à mener à bien notre présidence, ni quant au fait que le prochain gouvernement, une fois formé, continuera, sans heurt, sur cette lancée.
Mesdames et Messieurs, Chers membres du Parlement,
Comme je l’ai exposé, une présidence tournante s’inscrit dans un processus européen en cours, elle n’en constitue pas un tout nouveau départ.Il n’en reste pas moins que chaque présidence apporte ses touches personnelles et que son lancement est toujours une bonne occasion de rappeler la population à l’importance de l’Union européenne et des idéaux européens.A la suite du Roi et de la famille royale, au travers des concerts et danses dans autant de villes et villages, toutes les communautés et classes sociales ont participé avec enthousiasme à la célébration du lancement de notre douzième présidence.Je souhaite tout spécialement dire à quel point j’ai apprécié rencontrer les représentants de ce Parlement ces derniers jours. Ces rencontres se sont révélées très instructives et constructives, et mon gouvernement attache la plus haute importance à une étroite collaboration avec les représentants élus des Etats membres.J’aimerais adresser un dernier mot à ces populations que vous représentez. J’aimerais les exhorter à prendre exemple sur les équipes européennes de football que j’ai mentionnées, à croire en elles, à avoir des ambitions pour elles-mêmes, pour leur pays et pour l’Europe.
Notre union doit éviter deux pièges ; celui du découragement et celui de la complaisance.
Il n’y aucune raison de baisser les bras. Nous ne devons pas craindre la nouvelle concurrence qui surgit dans un monde de plus en plus multipolaire. Au contraire, nous devons nous en réjouir.En effet, nous avons nous-mêmes contribué à façonner cette nouvelle réalité mondiale, de par nos efforts en faveur d’une distribution plus équitable des ressources et du pouvoir à travers le monde.Comme dit précédemment, ce qui se passe aujourd’hui– et je cite – « n’est pas le déclin de l’Occident mais la montée du reste du monde ». Nous devons embrasser cette concurrence avec entrain et confiance en nous et en tous les atouts que nous possédons.
Il n’y a pas non plus de raison de céder à la complaisance. Nous pouvons très certainement être fiers des grandes réalisations accomplies. Nos systèmes gouvernementaux combinent liberté politique et économique avec solidarité sociale et responsabilité écologique. Nous offrons à nombre de nos citoyens un niveau de vie comptant parmi les plus élevés au monde. Toutefois, nous ne pouvons pas nous contenter de regarder en arrière avec un sentiment de satisfaction. Le reste du monde ne nous doit pas tout, nous devons travailler pour avancer, et travailler sans relâche.
Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de convaincre cette Assemblée de la nécessité de « plus d’Europe » pour faire passer l’Union et ses Etats membres à la vitesse supérieure.Cet objectif de « plus d’Europe » est au centre de la politique européenne et internationale de la Belgique. Mon pays a toujours favorisé la méthode communautaire, et il continue pleinement à le faire. Plus d’Europe, cela signifie, selon les priorités et les objectifs de notre présidence, doter l’Union d’une nouvelle structure de régulation financière, renforcer sa gouvernance économique, stimuler son retour à une croissance durable, consolider son modèle social, développer sa capacité d’innovation et développer son service diplomatique. Je me tiens ici devant vous, les représentants d’un demi-milliard de concitoyens européens, pour vous demander votre coopération et votre soutien dans la réalisation des priorités de notre présidence. Je me réjouis de pouvoir affirmer que le Traité de Lisbonne a renforcé les compétences de ce Parlement et, dès lors, en a fait, plus que jamais, un moteur pour l’intégration européenne. J’aspire à une coopération fructueuse entre notre Présidence et vous tous, membres du Parlement européen, en faveur des ambitions européennes que nous partageons.