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Discours d’Yves Leterme à l’occasion du dîner de gala du Sommet de l’Aviation

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Discours d’Yves Leterme à l’occasion du dîner de gala du Sommet de l’Aviation

  • Communiqués de presse
  • Mobilité

27/10/2010

Cher Etienne (Secrétaire d’Etat à la Mobilité)
Mesdames et messieurs,

Ces deux dernières années, les pays européens ont consacré une bonne dose d’énergie et d’argent au service de la stabilisation des marchés financiers et à la lutte contre la crise mondiale. Une large part de cet effort de stabilisation n’a pu voir le jour que grâce à une réponse européenne commune et coordonnée. Ces interventions rapides et ciblées ont, pendant un bref moment, ont éloigné notre attention des défis à long terme auxquels l’Europe fait face : la mondialisation accrue de l’économie, la rareté des ressources, le vieillissement de la population et, bien sûr, la nécessité d’une mobilité durable.


L’Union européenne doit dès maintenant prendre son avenir en main. La nouvelle stratégie « Europe 2020 » constitue l’instrument le plus précieux sur cette voie ; elle offre en effet un moyen concret de laisser la crise derrière nous, tout en assurant à l’UE une économie intelligente, durable et inclusive, garante de taux élevés d’emploi, de productivité et de cohésion sociale.

Le programme de la Présidence belge du Conseil de l’Union européenne s’articule plus spécifiquement autour de l’objectif de croissance durable qu’ont fixé les chefs d’Etat et de gouvernement. Dans les semaines à venir, la Présidence belge poursuivra l’examen des sept « Initiatives phares » annoncées par la Commission européenne dans le cadre de la stratégie Europe 2020. L’une des Initiatives phares de cette stratégie est intitulée « Une Union efficace dans l’utilisation des ressources ». Elle a pour but de découpler la croissance économique de l’usage des ressources en « décarbonisant » notre économie, tout en favorisant l’utilisation de sources d’énergie renouvelables, en modernisant notre secteur du transport et en promouvant l’efficience énergétique.

Chaque Etat membre de l’Union devrait considérer cette initiative comme une occasion d’accélérer la modernisation de son secteur du transport national dans un cadre  européen commun et unifié. Je suis convaincu que même avec toute la bonne volonté du monde et les efforts les plus intenses, les Etats membres ne parviendront pas individuellement à atteindre ces objectifs, si l’ensemble des Etats membres n’agit pas collectivement comme une Union. Et c’est particulièrement le cas en matière de transport aérien.

C’est pourquoi, j’estime que mon cher ami, le secrétaire d’Etat Etienne Schouppe, a eu un excellente idée en décidant de réunir les acteurs de l’aviation civile sur le plan européen et au-delà de l’Union pour discuter, ici à Bruges, de l’avenir du transport aérien. De tels rassemblements sont essentiels à l’élaboration d’une base commune au sujet de l’aviation, et je suis certain qu’ils faciliteront l’action future des Etats membres de l’Union européen en la matière.

Mesdames et messieurs,

Nous ne sommes pas sans savoir que le secteur de l’aviation doit faire face à des menaces et défis importants. En effet, depuis le début de ce siècle, le secteur a non seulement  dû parer les retombées de la crise économique, mais il a également dû faire face à des menaces d’attentats terroristes et à des catastrophes naturelles. L’éruption de ce volcan islandais au nom imprononçable (Eyjafjallajökull) en mars dernier (le 21) a constitué un sérieux et imprévisible revers pour le secteur de l’aviation en Europe.

Il n’en reste pas moins que le trafic aérien, tant celui du transport de passagers que de fret, est en progression. La demande en transport aérien a toujours suivi l’évolution de la croissance économique. En Europe, la contribution directe et indirecte au PIB de ce secteur, qui occupe 4,5 millions de personnes, s’élève actuellement à quelque 275 milliards d’€ par an. Pour chaque tranche de 5 pour cent, la croissance annuelle dans le secteur du transport aérien génère une hausse de 2,2 pour cent dans le cadre de l’emploi y afférent. D’ici 2020, le secteur européen pourrait occuper plus de 6 millions de personnes. Face à ces chiffres, il ne fait aucun doute que l’aviation civile joue un rôle important dans la prospérité économique : elle ouvre de nouvelles perspectives de marché, mais elle est également le principal vecteur du tourisme européen et elle permet à nos concitoyens de circuler librement.

Mesdames et messieurs,

Ce Sommet s’articule autour de quatre thèmes principaux : la compétitivité, la sûreté et la sécurité, le changement climatique et la réforme du Ciel unique européen. Il s’agit d’un programme très équilibré, qui fournit un bon aperçu des défis auxquels l’aviation civile aura à faire face au cours des prochaines années.

L’un des quatre défis qui me semble particulièrement important est l’accélération de la mise en œuvre globale de la réforme du Ciel unique européen, comme le préconisent les conclusions du Conseil du 4 mai 2010 (à l’issue de la crise provoquée par le nuage de cendre). Nous devons parvenir à un système de trafic aérien à la fois hautement performant, sûr, respectueux de l’environnement et efficace qui réponde aux contraintes en termes de capacité tant au sol que dans les airs. L’intégration des prestataires de service de navigation aérienne aux blocs d’espace aériens fonctionnels devraient donc être accélérés pour atteindre la performance requise. Je peux vous assurer qu’ils existe de notre côté la vive volonté politique de mettre en œuvre le bloc d’espace aérien fonctionnel d’Europe centrale (FABEC), étant donné qu’il est essentiel de trouver une réponse à la densité du trafic aérien dans notre partie de l’Europe. L’aviation civile, les aéroports et les prestataires de service de navigation aérienne peuvent compter sur nous pour les aider à concrétiser ces projets.

Permettez-moi à présent d’aborder un autre défi important pour l’industrie aéronautique. L’Europe manque de projets industriels communs, de projets emblématiques et mobilisateurs, comme l’étaient et le sont par exemple Ariane, les trains à grande vitesse ou Airbus. Ce n’est pas ici une question de symboles et de prestige, mais bien une occasion de promouvoir la prospérité et de créer des emplois. A mon sens, les dirigeants européens devraient consacrer une attention encore plus accrue à la stimulation de l’industrie  aéronautique pour que cette dernière construise des avions européens plus respectueux de l’environnement et plus durables. Donner un nouvel élan aux projets communs élaborés par la Commission européenne pourra permettre à notre secteur de l’aviation de faire face aux quatre défis abordés à l’occasion de ce Sommet.

Améliorer la mobilité grâce à une aviation civile durable dans le cadre d’un Ciel unique européen renforcera le Marché unique et permettra de renforcer l’unité entre les pays européens sur les plans économique et politique afin d’assurer une paix durable.

Il va de soi que la Belgique est à la croisée de nombreux réseaux européens. Le secteur du transport et de la logistique est l’un des plus important de notre économie. En fait, la mobilité durable pourrait s’avérer d’une importance encore plus capitale pour notre pays que pour les autres Etats membres.

Au Moyen Age, Bruges était déjà l’un des ports les plus importants d’Europe. En choisissant cette ville pour accueillir ce Sommet, l’organisation n’avait pas uniquement à l’esprit les défis du transport aérien, mais elle souhaitait également rendre hommage à toutes les personnes qui, depuis le Moyen Age, ont œuvré à faire de notre pays un centre en matière de transport et de logistique.

En guise de conclusion, j’aimerais exprimer ma gratitude au secrétaire d’Etat Etienne Schouppe et à son équipe pour l’organisation de ce Sommet de l’aviation à Bruges.


Merci.
 

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