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Entretien dans "La Dernière Heure" avec le Premier ministre en marge du Ronde

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Entretien dans "La Dernière Heure" avec le Premier ministre en marge du Ronde

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03/04/2011

Leterme : “On ne fait pas d’un âne un cheval de course”


Suite et fin de l’entretien que nous a accordé le Premier ministre en marge du Ronde

BRUXELLES Dès qu’on le branche sport, le Premier ministre Yves Leterme est prolixe. A fortiori dès lors que l’on évoque le football et, plus encore, le cyclisme, discipline sportive qui le passionne réellement. Le Flandrien a tellement de choses à dire que l’entretien qu’il nous a accordé, et que nous avons relaté en grande partie dans nos éditions d’hier, mérite un prolongement. Ainsi, le Yprois a-t-il un jugement sur tout ce qui fait l’actualité du sport cycliste.

Que pensez-vous du conflit entre le GP E3 et Gand-Wevelgem, deux courses auxquelles vous avez assisté il y a une semaine?

“J’essaye d’avoir un rôle de médiateur. Je veux aider à ce que les gens se parlent, car il est essentiel de garder ces deux très belles courses.”

Et l’interdiction des radios et des oreillettes?

“Je pense qu’il faut laisser son cours à l’évolution technologique, je suis pour les oreillettes. C’est normal de vouloir une course plus ouverte et spontanée, mais, on n’arrête pas le progrès. Pour avoir suivi une vingtaine de courses aux côtés de directeurs sportifs différents, je peux affirmer que je n’ai jamais entendu d’instructions et de directives négatives. Sans parler de l’aspect sécuritaire ou tactique.”

On parle de la venue dans un avenir plus ou moins proche du Tour de France, chez vous, à Ypres, est-ce exact?

“J’essaie qu’on ait des courses qui se finissent chez moi, dans une région où le cyclisme vit vraiment, en plus de celles qui y passent comme Gand-Wevelgem, les Trois Jours de La Panne ou ceux de Flandre occidentale. Le 27 mai, il y aura l’arrivée d’une étape du Tour de Belgique, venant de Knokke. J’ai aussi de bons contacts avec Christian Prudhomme, Jean-François Pescheux et la direction du Tour, comme beaucoup de collègues, et une promesse de sa venue à Ypres un jour. Quand ? On verra bien. Il faut que ça s’y prête dans le tracé, mais je ne pense pas que ça sera en 2012, après le départ de Liège.”

Vous êtes également, vous êtes un soutien très actif à une candidature belge pour de futurs championnats du monde de cyclisme, à partir de 2016.

“J’essaie de soutenir le plus activement possible les bonnes idées de Monsieur Van Damme, car on a un très bon président de la Ligue (RLVB). J’ai été convaincu par son plaidoyer, et celui de Pat McQuaid (le président de l’UCI), selon lequel pour obtenir cette organisation, il faut présenter un parcours qui tienne la route sportivement. Je me souviens de Zolder, en 2002, il ne s’est rien passé avant le succès de Cipollini. Comme il y a sept-huit courses, sur route et contre-la-montre, on peut très bien les répartir sur plusieurs régions. Courir les chronos en Flandre occidentale et orientale, puisque la commune d’Hooglede est aussi candidate, disputer l’épreuve sur route des professionnels ailleurs, avec un départ en Flandre, à Louvain, à Hasslt ou Anvers, et une arrivée en Wallonie, à Namur par exemple... On peut faire courir l’épreuve des femmes dans un autre coin, la Belgique n’est pas grande.”

Malheureusement, on ne peut évoquer le cyclisme sans aborder le problème du dopage. Le passionné que vous êtes doit souffrir à chaque révélation?

“C’est triste, chaque affaire est un moment de tristesse. Je reste persuadé que, comme on dit, on ne fait pas d’un âne un cheval de course. Dans d’autres sports, des tas de choses se produisent, ce n’est pas une excuse, il faut lutter à cent pour cent contre le dopage. Cette lutte donne des résultats, mais il faut aussi que toutes les formes juridiques soient respectées, qu’on garde la présomption d’innocence, qu’on préserve les droits de la défense, que les preuves soient établies. Là, c’est parfois difficile.”


Interview Eric de Falleur

© La Dernière Heure 2011

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