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Discours du Premier Ministre Yves Leterme Inauguration du quartier général mondial de GSK Biologicals

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Discours du Premier Ministre Yves Leterme Inauguration du quartier général mondial de GSK Biologicals

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11/02/2010

Seul le prononcé fait foi

GSK Biologicals a choisi comme nom de son nouveau quartier général mondial le titre de l’épopée grecque d’ Homère, Odyssée. Ce mot ‘odyssée’ évoque dans nos esprits un périple long et laborieux. L’image se prête à merveille pour décrire l’aventure  du développement d’un nouveau médicament ou vaccin. Quelle aventure ! Un long parcours fait de quêtes et d’enquêtes. Nous sommes heureux que notre pays puisse prendre part à cette aventure. Et non seulement la Belgique y prend part mais elle fait office de chef de file dans la quête pharmaceutique, notamment depuis que votre entreprise, GSK Biologicals, y a établi son siège principal pour la recherche et le développement de vaccins. Ce nouveau bâtiment consolide la position exceptionnelle qu’occupe notre pays dans le monde de la recherche et du développement pharmaceutiques.

Le passionnant de l’histoire c’est que l’industrie pharmaceutique est à la pointe en matière de recherche et de développement. Un secteur qui est, en outre, axé sur l’amélioration de la qualité de vie. La qualité de vie est le but ultime et la signification sociétale profonde de votre branche industrielle. Pour mesurer la qualité de vie d’un pays, les Nations Unies recourent au Human Development Index. Cet indice évalue les performances d’un pays sur la base de trois catégories : le niveau de vie (exprimé en PIB par habitant), la santé publique (exprimée en termes d’espérance de vie, soit la durée de vie moyenne estimée au moment de la naissance) et le degré de connaissance (notamment déduit à partir du niveau de scolarisation). Pour ce qui concerne le degré de connaissance et le niveau de scolarisation, nous pouvons affirmer que c’est le haut niveau de formation de nos travailleurs qui a permis à l’industrie pharmaceutique de s’épanouir et de prospérer sur notre sol. L’avenir industriel de notre pays dépend dès lors largement de la disponibilité des travailleurs hautement qualifiés.

 

La « connaissance » a toujours constitué un avantage concurrentiel. C’est en développant les connaissances que l’on prend de l’avance. Ou comme je l’ai lu sur le site de GSK : « Le département Research & Development nous procure un avantage compétitif en améliorant la qualité de nos vaccins. » C’est grâce à cette avance scientifique que l’industrie pharmaceutique peut apporter, dans notre pays, son irremplaçable contribution aux deux autres éléments de l’Indice de Développement humain : le niveau de vie et la santé.

 

Fort de sa longue tradition, l’industrie pharmaceutique belge joue un rôle de plus en plus prépondérant dans le monde. L’exportation, la production, l’emploi, en particulier en R&D, et les dépenses consacrées à la recherche ont augmenté. La part du secteur pharmaceutique belge dans la recherche industrielle s’élevait en 2001 à 18 % ; en 2004, ce chiffre avait grimpé jusqu’à 22,6 %. Soit une augmentation de plus de 4,5 % alors que nos pays voisins n’enregistrent en moyenne qu’une hausse d’à peine plus d’1%. Depuis 1995, la part de la production pharmaceutique dans la production industrielle totale a augmenté, passant de 2,2 à 3,3 %. Ce pourcentage de croissance est plus élevé que ceux de l’industrie chimique et de l’industrie de transformation. Notre exportation de médicaments se chiffre à 34,5 milliards d’euros. La part occupée par les médicaments dans l’exportation belge est de 11 % et a quintuplé en 12 ans. 12,6 % de l’exportation totale de médicaments dans le classement OCDE sont à porter au compte de la Belgique qui, après l’Allemagne, est le deuxième plus grand exportateur de médicaments. Et il en est le plus dynamique : notre part dans l’exportation a plus que doublé depuis 1998.

 

Aucun autre pays ne développe par habitant plus de médicaments que ne le fait la Belgique. Sur les cents médicaments qui occupent les premières places du classement mondial, cinq ont été développés en Belgique. Notre pays est, par habitant, leader en études cliniques (1200 protocoles d’études cliniques en 2006). A l’échelle mondiale, la Belgique est le septième plus grand investisseur en recherche et développement biopharmaceutiques : 33 sites de recherche et de production, 200 entreprises sciences de la vie et des acteurs de renom, tels GSK.

 

Le secteur pharmaceutique belge donne du travail à 29.000 personnes, dont 7.300 chez GSK. De 1995 à 2009 l’emploi dans ce secteur a augmenté avec 10.000 jobs, une augmentation annuelle de 3,7%.

 

La Belgique doit continuer à se profiler en tant que région pharmaceutique et doit, pour ce faire, élaborer une vision à long terme. C’est pourquoi, dans quelques mois, je convoquerai la plateforme pharma R&D de nouveau. En son sein, le gouvernement, la direction de l’AFMPS et de l’INAMI et les représentants de l’industrie pharmaceutique examinent comment concilier la promotion de l’innovation dans ce secteur avec les limites financières. 

 

Il est du devoir de l’autorité d’encourager l’innovation. Tout commence au niveau de l’enseignement. C’est là que se développent les nouveaux talents. Ces dernières années, nombre d’initiatives ont dès lors été prises afin d’encourager les jeunes à opter pour des formations scientifiques et technologiques. La promotion de la recherche et du développement, que ce soit sous la forme d’une aide financière directe ou indirecte octroyée aux entreprises ou aux instituts de recherche, ou par l’intermédiaire de bourses aux chercheurs, relève des compétences attribués tant à l’autorité fédérale qu’aux autorités régionales.

 

En ce qui concerne les initiatives fédérales dans le but d'améliorer le climat fiscal qui entoure la R&D, je pense à:

- Une réduction d'impôts a été introduite pour les chercheurs (en 2008, leur salaire était exonéré de précompte professionnel à hauteur de 65%, le plan de relance a porté le seuil à 75% dès le 1er janvier 2009).

- Les primes à l'innovation, qui permettent aux employeurs de récompenser la créativité de leurs employés, sont exonérées d'impôts et de cotisations sociales jusqu'au 31 décembre 2010.

- Un crédit d'impôt a été instauré à l'intention de la R&D, permettant aux entreprises de mieux refléter dans la comptabilité les avantages de la localisation des activités de R&D en Belgique.

- Les cotisations que l'industrie doit payer sur le chiffres d'affaires des produits pharmaceutiques en Belgique est réduit à concurrence des investissements supplémentaires consentis en R&D.

- La pression fiscale sur les royalties belges perçues (revenus de brevets) a été revue à la baisse passant de 33,9 à 6,8%.

 

La Belgique consacre actuellement 5,8 milliards d'euros à la recherche et au développement. Près de 60% de ce budget est financé par des investisseurs privés. En Belgique, l'industrie pharmaceutique investit annuellement 1,3 milliard en recherche et en développement. Ce qui représente 23% de l'investissement total belge, et près de 40% des investissements privés.

 

Pour ce qui est des activités des Régions, je me réfère au projet Medisch Centrum Vlaanderen de Vlaanderen in Actie pour la Flandre et à l’action BioWin du Plan Marshall pour la Wallonie. BioWin, axé sur la santé humaine, a pour ambition de fédérer des acteurs de l’innovation et de la formation dans le domaine des biotechnologies et de faire de la Wallonie d’ici 2015 leader mondial dans la lutte contre le cancer, l’inflammation et les maladies du cerveau. Le pôle BioWin favorise entre autre l’émergence de projets de recherche innovants. GSK est partenaire, entre autres pour la prévention contre le cancer.

 

Je tiens à féliciter et à remercier toutes les autorités, aussi les provinces et les communes, pour leurs efforts.  Il est clair que l’avenir de notre économie ne peut se construire et se pérenniser que si toutes les « couches » des administrations et des gouvernements collaborent. C’est bien ce que j’entends par « fédéralisme de coopération ». La coopération est indispensable pour l’avenir du pays, j’entends par là l’avenir des citoyens, leur prospérité et leur bien-être. Nous ne pouvons améliorer la compétitivité de nos entreprises qu’en assortissant notre politique sociale et économique d’une approche multi-strates.

 

Nous devons de nouveau investir dans ce qui fait traditionnellement notre force : d’une part, notre position géographique en tant que porte d’accès à l’Europe et les opportunités logistiques qui en découlent ; d’autre part, notre main-d’œuvre et nos talents. Mais cet objectif ne peut être atteint que si non seulement tous les niveaux de pouvoir fournissent des efforts mais s’ils s’efforcent aussi de se compléter et de se renforcer mutuellement. Telle est l’unique voie pour parvenir à élaborer une stratégie économique qui s’impose dans le terrain de jeu international d’un monde multipolaire. La gouvernance multiniveaux pour faire face au monde multipolaire. Cette gouvernance à plusieurs niveaux implique également que les autorités et les acteurs non gouvernementaux entretiennent des relations à la fois fréquentes et complexes. C’est précisément cette concertation, associant notamment les partenaires sociaux, qui fut la force de notre modèle économique. Elle demeurera notre force. Comme l’innovation est le résultat de la collaboration et de la concertation, la prospérité économique restera aussi le fruit de la collaboration et de la concertation entre les autorités ainsi qu’entre l’autorité, le marché et les partenaires sociaux. Collaboration et concertation sèment innovation et créativité.

 

Plus tôt dans la journée, les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont penchés sur la politique socio-économique pour les prochaines années.

Nous avons constaté que la croissance économique au sein de l’UE diminuera de moitié lors de la prochaine décennie des suites de la crise financière et du vieillissement de la population. Si nous ne multiplions pas notre potentiel de croissance par deux, notre modèle européen de bien-être social élevé ne survivra pas. Les perspectives de croissance limitées, la situation budgétaire, sociale et d’emploi inquiétante et l’évolution insoutenable en matière de changement climatique nous forcent à entreprendre un agenda de réformes ambitieux.

 

Accroître la croissance économique passe uniquement par la création d’emplois plus productifs. L’un des éléments cruciaux pour accroître la productivité et la conception de nouveaux produits réside dans l’intensification de nos efforts en matière de Recherche, Développement et Innovation. GSK est un bon exemple de l’innovation pour améliorer la vie des gens.

 

La Belgique embrasse la cause de l’innovation ; elle partage le point de vue de Peter Drucker: « L’innovation systématique requiert la volonté de considérer le changement comme une opportunité. » C’est précisément grâce à l’innovation que notre pays pourra maintenir sa position dans le peloton de tête des économies innovantes en pourra élargir le cadre de l’emploi.  dit 

Notre pays est sans conteste parvenu à créer les facteurs environnementaux qui convertissent persévérance, aptitude, connaissance, créativité et esprit d’entreprise en produits qui répondent à une demande sur le marché international. Je remercie dès lors de tout cœur GSK Biologicals pour sa confiance en notre capacité et notre engagement.

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