Avec Katyusha à Calpe - lundi
Mon deuxième jour à Calpe. Il fait beau, le soleil brille, il fait 17 degrés et il y pas mal de vent.
Ce matin je me suis réveillé “à l’aise” et j’ai parlé assez longtemps de tout et de rien avec Jef Braeckeveldt, Maxime Vantomme, l’Autrichien Pfannenberger et d’autres coureurs pendant le petit déjeuner.Surtout Pozzato et le Russe Karpets s’avèrent les chefs ‘naturels’ de l’équipe, aussi quand ils ne sont pas sur le vélo. Katyusha a 27 coureurs en service, 60 personnes au total y inclus le personnel: quelques cinq chefs sportifs, six mécaniciens, un entraîneur, quelques médecins d’équipe, six soigneurs, quelques managers et du personnel d’encadrement. L’administration pour les permis de travail et de séjour, pour les assurances maladies et autres par exemple demande tout un travail.C’est le deuxième stage de l’équipe.Il dure douze jours à l’étranger avec beaucoup de travail d’entraînement. Les coureurs ont déjà roulé en vélo pendant plus de trente heures, souvent en deux groupes : les vedettes et la « deuxième équipe ». C’est bon pour la morale d’équipe mais évidemment surtout pour la condition.Les kilos s’envolent chez certains. Le sprinter italien Napolitano à déjà perdu beaucoup de kilos depuis le premier stage et atteint bientôt sa superforme. La semaine prochaine il roule au Qatar. Une partie de l’équipe – entre autres Mc Ewen, Steegmans, Dehaes et Vandenbergh - est maintenant au départ en Australie. Maxime fait une course en Italie dans trois semaines, puis l’Algarve en préparation pour le printemps flamand : Gand – Gand, Kuurne, la Driedaagse van West-Vlaanderen etc. ... Le cyclisme est globalisé. La Flandre Occidentale et la Flandre Orientale du côté gauche de l’Escaut sont les terres racines d’un sport qui intéresse aussi les masses "Down Under" et en Californie.
Les coureurs Katyusha sont originaires de huit pays différents (la Russie, l’Italie, La Belgique, la Hongrie, l’Australie, la Grande-Bretagne, l’Autriche, l’Estonie,… Dans ce groupe très divers se trouvent quelques gars très intéressants.Le matin je suis dans la voiture un groupe d’environ dix coureurs pour un « léger entraînement » dans l’arrière-pays d’Alicante. A part l’entraînement l’équipe prend le temps pour des soins physiques exceptionnels et pour mettre à point le matériel. Cela se fait d’une façon presque fanatique. Les vedettes comptent en sentent leur position idéale en milimètres. Les langues véhiculaires dans l’équipe sont surtout l’talien, l’anglais, le russe et le français. L'après-midi il y a une session informative obligatoire par le médecin-en-chef de l’UCI concernant les nouvelles conventions dans la lutte contre le dopage. Cette lutte est menée de façon de plus en plus intense, ce qui entraîne pas mal de formalités administratives. Entre autres les "where-abouts" par lesquels les coureurs doivent laisser savoir jour par jour où ils sont ou seront en vue des contrôles inattendus hors compétition causent un véritable tracas auprès des coureurs et accompagnateurs. Cette lutte contre le dopage est nécessaire mais je me demande si tous les sports sont suivis d’aussi près. J’ai entendu beaucoup d’histoire cet été à Bejing…La session informative dure plus longtemps que prévu. Entretemps je fais un peu de travail pour les journalistes et photographes et je roule quelques kilomètres sur les routes accidentées le long du côte. Question de pouvoir suivre quand même un peu le rythme d’entraînement d’un jeune coureur professionnel. Le vélo avec lequel je roule est vraiment formidable.
En attendant mon partenaire d’entraînement Maxime, je parle un peu à des compatriotes… De Hasselt, Westende, Neerpelt,... La région est bourrée de Belges...Vers 17 heurs nous sommes enfin prêts pour faire du vélo. Entretemps j’ai déjà fait quelques 15 kilomètres « d’attente et d’échauffement ». Ce vélo est vraiment superbe....N’empêche que je dois toujours pédaler pendant notre petite randonnée. Ce n’est qu’à la fin que ça devient un peu dur sur une longue montée. 90 kilos pour 1,80 m, c’est au moins 10 kilos de trop. Le vélo léger (six kilos) ne peut pas tout compenser. Heureusement Maxime me pousse sur la partie la plus difficile de la montée et je peux m’agripper à la voiture de suiveur pendant quelques dizaines de mètres. Les gens dans la voiture trouvent que ça va. Je me demande si ce n’est pas plutôt par flatterie...:-)
En tout cas je m’amuse et Maxime se sent bien dans et avec cette nouvelle équipe. Sa dernière saison était bien réussie malgré pas mal de malchance. Il parle plus que moi en cours de route mais cela a peut-être à voir avec sa respiration qui est plus facile que la mienne. Après notre tour, je prends une douche, un léger repas, je réponds à quelques questions depuis la Belgique et je vais au lit tôt.
A demain !Yves