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Discours: Développement durable : environnement, changements climatiques, énergie

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Discours: Développement durable : environnement, changements climatiques, énergie

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16/05/2008

 

Sommet UE-ALC
Table de travail « Développement durable : environnement, changements climatiques, énergie »
Discours liminaire prononcé par le premier ministre belge,
M. Yves LETERME
Lima – le 16 mai 2008

 
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Chers collègues,
 
 
Permettez-moi de remercier ici tout particulièrement Son Excellence le Président du Pérou, M. Alan García Perez, de m’avoir invité à cette table ronde et de m’avoir chargé d’introduire le thème au nom de mes partenaires européens.
 
Ayant pris mes fonctions voici seulement sept semaines, je n’ai pas encore eu le plaisir de rencontrer tous les participants ici présents. Je tiens dès lors à vous dire combien je suis heureux d’assister à ce Sommet. Je me réjouis non seulement de faire votre connaissance, mais aussi de pouvoir travailler avec vous dans un but commun : celui d’un partenariat stratégique liant l’Union européenne, l’Amérique latine et les Caraïbes. Le présent Sommet constitue une autre manière d’exprimer notre engagement à réaliser ce partenariat, un partenariat auquel la Belgique adhère entièrement. Mon pays a ainsi décidé de donner un nouvel élan à ses relations avec l’Amérique latine et les Caraïbes et adoptera d’ici peu un plan d’action concerté qui concrétisera les décisions politiques adoptées.
 
Excellences, chers collègues,
 
La décision de nous focaliser sur « le développement durable : environnement, changement climatique, énergie », l’un des deux thèmes du Sommet, reflète l’importance grandissante que revêtent ces thématiques pour les gens, les entreprises et les gouvernements de nos régions. Cette décision est bienvenue et tombe à point nommé, notamment à l’aune du quatrième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et des évaluations alarmantes qu’il contient. Selon le rapport, « le réchauffement des systèmes climatiques est sans équivoque » et « l’émission soutenue de gaz à effet de serre aux niveaux actuels ou au-dessus de ceux-ci induiraient de nombreux changements dans le système climatique global du 21e siècle, changementsqui dépasseraient vraisemblablement ceux observés dans le courant du 20e siècle ». Ce rapport nous offre un aperçu détaillé de l’impact des changements climatiques à venir, tout d’abord sur les systèmes et les secteurs (les écosystèmes, la nourriture, les côtes, l’industrie, les lieux d’implantation humaine et la société, la santé et l’eau) et, par la suite, sur les régions, dont aucune n’échappera à l’impact du changement climatique, qu’il soit le fait des inondations, de la pénurie d’eau, de la perte de biodiversité, de l’augmentation de risques pour la santé, des risques de famines et d’autres événements.
 
Le changement climatique nous concerne tous, ceux qui vivent aujourd’hui comme les générations futures. Il s’agit d’un problème global qui requiert une réponse globale, non pas demain, mais aujourd’hui. Ce n’est que dans la mesure où nous – la communauté des nations et les sociétés, dans leur ensemble – reconnaissons entièrement ce fait, que nous pouvons espérer être à la hauteur des défis à relever.
 
La feuille de route dite «de Bali » a été adoptée lors de la conférence de Bali de décembre 2007. Cette feuille de route marque le début d’un nouveau round de négociations qui, en décembre 2009, à l’occasion de la Conférence des Parties à Copenhague, devra aboutir à un accord global sur le régime climatique post 2012, lequel dépassera l’actuelle dichotomie entre la convention-cadre des Nations Unies et le Protocole de Kyoto.
 
Les représentants de nos régions ont bien coopéré à Bali. Ce faisant, nous avons donné l’exemple et envoyé un message claire quant à notre engagement. Le fait qu’un groupe de nations représentant presque un tiers des membres des Nations Unies assume cet engagement, renforce encore davantage ce message.
 
Ceci étant dit, nous ne devrions pas nous effaroucher à l’idée que ces thèmes qui constitueront les fondements des négociations – atténuation, adaptation, technologies, financement et investissement – comprennent une série de questions complexes voire délicates. Les émissions de carbone pour ce qui est des industries énergivores, la  déforestation, les mécanismes de financement, le mécanisme de développement propre et l’intégration des politiques climatiques dans une politique développement plus large ne sont que quelques-unes des problématiques qui nécessiteront réflexions et discussions intenses, également à notre propre niveau.
C’est la raison pour laquelle je plaiderais en faveur d’une coopération et d’un dialogue intensifiés entre les deux régions, dépassant le simple échange de vues. Vu que le Groupe d’experts sur l’évolution du climat considère l’Amérique latine et les Caraïbes parmi les régions qui souffriront le plus, durant les décennies à venir, des impacts des changements climatiques, ce dialogue pourrait se focaliser sur des stratégies en faveur de ces deux régions. Les actions bi-régionales communes pourraient constituer l’autre composante de ce dialogue auquel nous devrions nous atteler en vue de favoriser une coopération solide dans le contexte des négociations multilatérales à venir et afin de parvenir à un système de gouvernance environnementale plus efficace dans le système des Nations Unies.
 
En sus de la méthodologie sectorielle conventionnelle, ce dialogue devrait aspirer à une approche globale et cohérente de prise de décisions intégrant les aspects sociaux et environnementaux du développement durable.  J’ajouterais que les ministres de l’Environnement du Sommet Union européenne- Amérique latine et Caraïbes ont, dans le cadre de la conférence tenue à Bruxelles en mars dernier, également fait référence aux questions sécuritaires, éthiques et culturelles que soulève le changement climatique.
 
Enfin, ce dialogue devrait englober les gouvernements, la société civile, le secteur privé et les institutions multilatérales régionales pertinentes.
 
Le programme en commun EUrocLIMA que nous sommes sur le point de lancer jouera, espérons-le, un rôle pivot dans l’encouragement d’un tel dialogue structuré et régulier.
 
Dans un contexte plus large, contexte dépassant les limites de l’Amérique latine et des Caraïbes, l’UE a décidé de lancer une Alliance mondiale pour lutter contre le changement climatique, en particulier avec les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires en développement. Il s’agit d’un cadre politique visant à intégrer les changements climatiques dans les stratégies de réduction de la pauvreté. Notre dialogue, lors du Sommet, pourrait constituer un pas majeur en avant, dans le cadre de la création de cette alliance mondiale.
 
Enfin, et surtout, j’aimerais souligner la détermination de l’Union européenne à adopter les politiques requises pour saisir à bras-le-corps les changement climatiques. C’est ainsi que des objectifs clés ont été fixés par le Conseil européen du printemps de l’an dernier afin de réduire les gaz à effet de serre d’au moins 20 %  d’ici 2020, et de 30% s’il y a un accord international incluant les engagements appropriés d’autres pays développés et d’autres pays économiquement plus avancés.
 
Par le truchement du programme EUrocLIMA, l’Alliance mondiale pour lutter contre le changement climatique, et les objectifs ambitieux fixés par le Conseil européen du printemps 2007, l’Union européenne et ses Etats membres réaffirment qu’ils sont capables d’assumer leurs responsabilités et disposés à le faire.
 
Chers collègues,
 
Le rythme et l’étendue des pertes en biodiversité demeurent alarmants.
 
En 2002, à Johannesbourg, la communauté internationale s’était imposée l’objectif de réduire significativement, d’ici 2010, le rythme de la perte actuelle en biodiversité.
La 10e Conférence des parties de la Convention des NU sur la diversité biologique – l’instrument clé dans le cadre de la poursuite de cet engagement – qui se tiendra en 2010, revêt dès lors une importance accrue. La synergie entre la biodiversité et le changement climatique, et, en particulier, le développement d’instruments visant à réduire la déforestation et la dégradation des forêts, constituent l’un des centres spéciaux d’attention à cet égard.
 
Comme cette réunion se déroulera durant la présidence belge de l’UE, la Belgique attache une vive importance à une préparation solide qui contribuera au renforcement et à la pleine mise en application de la convention. Cette conférence sera l’un des points de convergence de notre présidence de l’Union européenne.
 
Excellences, chers collègues,
 
L’énergie, le changement climatique et le développement durable sont étroitement liés.
 
La diversification de l’éventail énergétique, l’amélioration de l’efficacité énergétique, le développement de sources d’énergie renouvelables ou à faible teneur en carbone ainsi qu’un accès amélioré à des sources d’énergie plus durables pour la majeure partie des citoyens joueront un rôle fondamental dans les stratégies d’adaptation et d’atténuation que nous allons développer.
 
Lors du Conseil de printemps de 2007, l’Union européenne s’était également engagée à augmenter la part d’énergie renouvelable dans la consommation énergétique de l’UE et de la faire passer à 20% en 2020. Un objectif minimum distinct de 10 % avait été fixé pour la part des agrocarburants renouvelables affectés au transport au sein de l’UE.
L’expertise et le savoir-faire dans les agrocarburants développés par un certain nombre de pays d’Amérique latine et des Caraïbes seront des plus utiles pour que l’Europe atteigne ces objectifs, notamment parce que dans un avenir prévisible, les agrocarburants constitueront l’unique carburant de substitution viable en matière de transport. Mais la croissance des agrocarburants nécessite la mise en place de critères relatifs à leur durabilité environnementale, de manière à s’assurer qu’une consommation accrue d’agrocarburants ne nuira pas aux personnes les plus pauvres vivant dans les pays en voie de développement, par l’augmentation des prix des denrées alimentaires, ou n’encourage pas la destruction de la biodiversité.
Il importe que nos régions instaurent un dialogue concernant les conditions auxquelles la production d’agrocarburants doit satisfaire en vue de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre sans répercussions néfastes, ainsi qu’au sujet des opportunités que peuvent trouver les producteurs d’agrocarburants d’Amérique latine et des Caraïbes sur le marché de l’UE.
 
La réduction des émissions de carbone ne constitue pas le seul point de vue au départ duquel nous devons envisager la question énergétique. Le développement durable nécessite également des approvisionnements en énergie sécurisés. La gestion de la sécurité énergétique et la réduction des émissions de carbone doivent être inclus dans une approche politique globale et claire.
 
C’est la raison pour laquelle je souhaiterais proposer qu’il soit œuvré pour un partenariat énergétique stratégique entre l’Union européenne et l’Amérique latine et les Caraïbes. Ce partenariat devrait constituer le cadre du dialogue et de la coopération entre nos régions, tant en ce qui concerne les énergies renouvelables que les carburants fossiles, et pourrait s’axer sur des thèmes tels que :
-         la sécurité énergétique par le biais de la diversification des approvisionnements en énergie;
-         la promotion d’un contexte politique, économique, financier et fiscal stable et transparent;
-         la promotion des investissements dans les infrastructures, que ce soit à des fins d’exploration, de production, de stockage, de distribution ou de marketing;
-         l’intensification de la coopération technologique;
-         l’augmentation de la part d’énergie renouvelable dans l’éventail énergétique;
-         le développement durable des agrocarburants.
Excellences, Mesdames et Messieurs, Chers collègues,
D’énormes défis nous font face quant à la réponse qu’il convient d’apporter aux problématiques, étroitement liées entre elles, du développement durable, du changement climatique, de la croissance économique, de la cohésion sociale et du bien-être social.
Il est essentiel que nous coopérions étroitement si nous voulons affronter ces défis avec succès. Mon espoir est que ce sommet établisse les bases d’une telle coopération immédiate, cohérente et efficace, entre nos régions, nos gouvernements et nos peuples, et avec ceux de la planète entière. Je suis persuadé qu’il s’agira là du message clair et sans équivoque qui émergera du Sommet de Lima.
 
Je vous remercie.

 Yves Leterme

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